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Un cas particulier Par le Dr François Eisinger Introduction Si le cancer peut toujours être considéré comme une maladie génétique dans le sens où les altérations génétiques sont une condition nécessaire pour la transformation d’une cellule normale en cellule cancéreuse, le cancer n’est pas pour autant une maladie héréditaire car l’immense majorité des mutations indispensables à la transformation d’une cellule "normale" en cellule cancéreuse sont des mutations acquises au cours de la vie et non héritées à la naissance. Par ailleurs, une cellule ne devient une cellule cancéreuse que lorsqu’une masse critique de mutations est dépassée. On peut imaginer que quelques mutations sur des gènes extrêmement importants comme p53 par exemple permettent d’atteindre rapidement cette masse critique alors qu’il faudra plus de mutations sur des gènes moins "critiques ". Une seule mutation ne peut pas directement aboutir au cancer. Ainsi avoir hérité d’une mutation ne peut suffire à expliquer l’apparition d’un cancer mais parfois le rend plus probable. Le cancer n’est donc pas héréditaire, mais la susceptibilité, (la "fragilité") l’est parfois. Dans l’absolu la réponse est non. Certains cancers n’ont pas ou extrêmement peu de formes héréditaires. C’est le cas
par exemple des cancers "environnementaux" comme le cancer du poumon, des cancers ORL ou de l’œsophage. Indiscutablement oui, l’existence d’une mutation constitutionnelle d’un gène de prédisposition (BRCA),
(MMR…)
induit un sur risque considérable de développer un cancer. Par exemple pour le cancer du sein, le risque, en l’absence de mutation, est estimé à
8 % alors qu’il peut atteindre selon les études, des valeurs de 40 à 80 % lorsqu’une mutation est présente.
Trois étapes sont souhaitables. Étape 1 : Identification par le médecin généraliste ou spécialiste d’une situation "atypique"
définie par : Étape 2 : Orientation du patient vers une consultation d’oncogénétique qui confirme ou infirme
l’hypothèse de l’hérédité pour expliquer (partiellement) le caractère atypique du ou des cas observés. Étape 3 : Analyse de génétique moléculaire. Les conséquences d’un résultat positif sont une meilleure prise en charge des personnes ayant hérité de ce type de mutation. • Soit par des interventions de prévention (actuellement expérimentales). Les conséquences d’un résultat négatif (absence de mutation) sont de pouvoir extraire les personnes de stratégies de prise en charge plus ou moins agressives. Cette activité médicale pouvant prendre en charge des personnes malades et des personnes saines pose le problème des innovations médicales nécessitant une évaluation de l’efficacité et une réflexion éthique et sociale. Des procédures légales spécifiques y sont associées ainsi que la rédaction en cours de guides de bonnes pratiques. Dr François Eisinger |
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